English | Italiano

Il contenuto di questa pagina richiede una nuova versione di Adobe Flash Player.

Scarica Adobe Flash Player

Claude Samuel

Lundi 25 août 1958 : c’est le premier rendez-vous que me fixa Luciano, au «Studio di Fonologia» de Milan. L’année précédente, Bruno Maderna, toujours généreux avec ses collègues, m’avait parlé de ce jeune compositeur, déjà repéré en France (le Domaine Musical, à Paris) et aux Etats-Unis. Je devais le rencontrer.

Début d’un long compagnonnage, dans l’amitié et le partage des mêmes valeurs musicales. En ce temps où la nouvelle musique était volontiers austère, les œuvres de Luciano nous apportaient plus de lumière, plus de couleur, plus de fantaisie. Et elles entrèrent, pour ne plus le quitter, dans mon univers musical personnel.

Nous nous retrouvions au hasard de nos voyages (à New York, à Londres, à Spolète, à Milan, à Salzbourg). Moments souvent brefs mais chaleureux. Quant à sa musique, elle a nourri pendant près de trente ans mes activités d’organisateur : au Festival de Royan de 1969, lorsque la Sinfonia (dans sa première version) fut exécutée, le 4 avril, en création européenne ; en juillet 1977 à La Rochelle, où Luciano fit partie du jury du premier Concours Rostropovitch (un jury explosif, avec Lutoslawski, Xenakis et Dutilleux !) ; à Aix-en-Provence, pour le Centre Acanthes 1983, quand, pendant deux magnifiques semaines, Luciano expliqua sa musique à 180 stagiaires - nous partagions la même maison avec vue imprenable sur la Sainte-Victoire et, chaque matin, à l’heure du petit déjeuner, je le harcelais pour ne pas arriver en retard au premier cours de la matinée… Enfin, à Paris, lorsque dix-neuf de ses œuvres furent données du 7 au 27 février 1997 à Présences, le festival de Radio France. Tout avait été bien cadré au cours d’une journée de travail à Radicondoli, tout avait été prévu, même les retards éventuels et les impondérables que l’on mettait au compte de la fantaisie italienne…

Souvenirs précieux que je retrouve aussi dans un joli stock de lettres qui s’échelonnent sur quarante années, et des photos : Luciano devant la Fenice, Luciano et Rostropovitch pour la première française de Il Ritorno degli Snovidenia, Luciano que j’accueille à Radio France, trois avant la fin d’un siècle dont il fut musicalement l’un des acteurs majeurs…

Claude Samuel

Samuel_1.jpg
Devant la Fenice… (Venise ; Bibliothèque nationale de France)

Samuel_1_2.jpg
A La Rochelle… (Ph. Alain Le Hors)

Samuel_2.jpg
Paris, Festival Présences… (Ph. Alain Mercier - Radio France)