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Magnificat (note de l'auteur)

Magnificat

J’ai composĂ© le Magnificat alors que j’ùtais encore l’élĂšve de G.F. Ghedini au Conservatoire de Milan. Je me souviens dfe la profonde impression que me fit Ă  cette Ă©poque son CConcerto Spirituale, et je suppose donc qu’il est inĂ©vitable que quelque chose en transparaisse dans certaines sections du Magnificat. Mais cette Ɠuvre a aussi une autre origine.
«Je suis nĂ© dans une petite ville d’Italie proche de la frontiĂšre française et Ă©loignĂ©e des prĂ©tendus “centres culturels”. J’y ai vĂ©cu jusqu’à dix-huit ans, y dĂ©couvrant et Ă©tudiant tout ce qui pouvait me servir d’“hĂ©ritage”. Je n’ai jamais regrettĂ© et ne me suis jamais senti frustrĂ© de vivre dans une ville de province. J’ai, en revanche, Ă©tĂ©, tout Ă  la fois blessĂ© et furieux quand, en 1945, Ă  la fin du fascisme, je me suis rendu compte de l’étendue et de la profondeur des privations que m’avait imposĂ© ce rĂ©gime. Cette mĂȘme annĂ©e – j’avais dĂ©jĂ  vingt ans – j’eus pour la premiĂšre fosi de ma vie l’occasion d’entendre la musique de Schönberg, Milhaud, Hindemith, Bartok, Webern, etc..., c’est-Ă -dire mon vĂ©ritable hĂ©ritage d’EuropĂ©en. Ces Composteurs, comme bien d’autres, avaient auparavant Ă©tĂ© interdits par la politique “culturelle” fasciste. Ce choc me fut – et c’est peu dire – traumatisant, et il me fallut six ans au moins pour m’en remettre. Je croyais, je crois encore, que le meilleur moyen de venir Ă  bout d’experiences traumatisantes est d’y faire face et, si possible, de les exorciser sur leur propre terrain. VoilĂ  donc quelques sources de ce Magnificat, Ă©crit en 1949. Ce fu l’une des derniĂšres fois que j’exorcisai les expĂ©riences et rencontres de ces annĂ©es, et je crois bien que ce fut le dernier tribut que je leur payai.”

Luciano Berio
(trad. par J.-P. D.)